Le Clan des Otori — Lian Hearn

Pour être honnête, quand j’ai commencé à lire Le Clan des Otori de Lian Hearn, je ne suis pas tombée immédiatement sous le charme. En fait, je m’attendais à ce que ces romans soient très terre-à-terre, dans le style roman médiéval de Serge Brussolo (Le Château des poisons par exemple). Alors lorsque quelques éléments fantastiques ont été de la partie, je suis tombée des nues ; bizarrement, j’ai moins aimé le livre. Et par conséquent, j’ai arrêté de le lire. Ce n’est que cette année que j’ai enfin repris ma lecture et cette fois-ci, je n’ai plus lâché les livres. Je pense que le fait de m’être plus cultivée sur le Japon féodal m’a beaucoup aidée à mieux appréhender l’oeuvre de Lian Hearn. Mais c’est aussi sans conteste grâce à son écriture fluide et poétique, à la mise en scène et aux personnages nombreux mais tous très bien travaillés que j’ai fini par plonger totalement dans cette aventure épique.

En qualité de premier tome, Le Silence du rossignol a la tâche difficile de présenter l’univers et ses personnages. Comme je l’ai dit plus haut, le coup de foudre n’a pas été immédiat pour moi. Pourtant avec du recul, je ne peux qu’apprécier la manière dont l’intrigue est amenée : on découvre avec Takeo le monde féodal, les différentes castes, les coutumes, la place de la religion. Et là où c’est vraiment intéressant, c’est qu’on a aussi une héroïne, Kaede, ce qui nous permet d’avoir un point de vue féminin (et au passage de découvrir le système des otages). Le livre se partage donc entre les aventures de Takeo et Kaede, qui, comme vous pouvez le deviner, finiront par se rencontrer. Ce premier tome est riche en action palpitante, intrigues et personnages. D’ailleurs, au départ on peut se sentir un peu perdu avec tous les noms mais on s’y fait vite.


Les Neiges de l’exil, le second tome, est l’un de mes préférés. Takeo et Kaede y sont séparés mais chacun mûrit à travers les différentes épreuves qu’ils traversent. Toutefois l’accent est mis sur Kaede, ce qui n’est pas plus mal car le premier tome était centré sur Takeo. On a donc l’occasion d’en apprendre plus sur sa famille, son domaine et son voisin Sire Fujiwara, un personnage à ne pas négliger car il a va avoir beaucoup d’impact sur la destinée de Kaede. Ce second tome est ainsi celui du « pouvoir féminin » car Kaede bouscule les règles établies en refusant de s’y plier.


La Clarté de la lune est le trosième tome, plus porté sur l’action. En effet, de nombreux éléments s’étant mis en place dans les deux tomes précédents, l’histoire prend de l’ampleur. Aux personnages déjà présents se greffent d’autres, certains venant parfois du passé : le pirate Terada, par exemple, évoqué brièvement dans le premier tome. Il est intéressant aussi de noter la relation entre Takeo et le moine Makoto, qui nous éclaire sur un aspect peu connu des samouraïs. Quant à Kaede, elle doit à nouveau faire face à Sire Fujiwara et j’ai trouvé que c’était terrible ce qui lui arrivait, mais du coup cela a permi d’aborder le sujet de la spiritualité, notamment avec la mention de la Déesse Blanche.


Le Vol du héron est le quatrième et dernier tome, et comment dire… la fin ne m’a pas déçue ! Ce tome est plus épais que les autres, car on y retrouve Takeo et Kaede des années plus tard, alors qu’ils ont fondé leur famille. C’est donc un tome dépeignant l’histoire des Trois Royaumes, avec son lot d’intrigues et surtout quantité de personnages connus et d’autres nouveaux. Quand j’ai commencé à lire ce tome, je me demandais comment Lian Hearn allait gérer autant d’histoires secondaires, mais finalement on se rend compte que chaque intrigue a un impact sur une autre, et le tout se rejoint jusqu’au dénouement final. Dénouement émouvant et réaliste malgré les éléments fantastiques du roman. Réaliste car il est évident que les happy end sont très rares dans la vie, les êtres humains étant loin d’être sages et raisonnés, car toujours prompts à leurs émotions.


 Le Fil du destin permet de boucler la saga Otori. Il s’agit d’un préquel relatant l’histoire de Shigeru Otori, celui qui a adopté Takeo. J’étais un peu partagée en commençant ma lecture, car Takeo est un personnage qui a fait une grande impression sur moi. Eh bien, il ne fallait pas en attendre moins de la part de Shigeru ! Comme on suit son enfance et son adolescence, on voit le personnage évoluer vers celui que l’on connaît déjà grâce au premier tome : un samouraï calme, souriant, proche du peuple mais qui cache bien son jeu. Il aurait pu être ennuyant de lire ce dernier tome, car certains éléments de l’histoire ne sont pas un secret si on a lu les quatre précédents. Mais Lian Hearn prend tellement soin de ses personnages (je ne sais pas comment le dire d’une autre manière) que l’on s’attache très vite à eux,  qu’on les soutient et qu’on partage leurs chagrins comme leurs bonheurs. Une réussite totale en somme, si bien qu’une fois arrivée à la dernière page, j’étais prête à reprendre toute la série.


Je ne peux que recommander ces livres, particulièrement si vous êtes fan du Japon. Pour les autres, tentez aussi votre chance car ces romans mêlent action, romance, intrigue, culture, fantastique de manière fluide – pas de descriptions laborieuses et longues, des personnages charismastiques mais pas dénués de faiblesses (très loin d’être manichéens).

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2 réflexions sur “Le Clan des Otori — Lian Hearn

  1. J’avais lu le premier tome au collège, il y a des années de ça, et j’avais beaucoup aimé. Mais jusque là, impossible de me souvenir du titre… Alors un grand merci, parce que je vais enfin pouvoir continuer cette série.

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